Ca y est j'ai les résultats !!! Les voici en exclu pour Pêche en Seine :
Le rapport ci-joint a été établi par l'ONEMA (centre d'interprétation des captures) et l'INRA sur la base des informations disponibles :
Un gros salmonidé a été pris sur la Seine par pêche à la ligne au barrage de Suresnes le 3 octobre 2008 ; ce poisson mesurait 97 cm pour 7 kg (Figure 1). Les premières photos et considérations morphologiques ont de suite suggéré que ce poisson était un saumon atlantique. Ce poisson était dépourvu de nageoire adipeuse et avait une nageoire dorsale réduite ou malformée. Un examen plus précis du poisson et de certains critères biométriques et morphologiques ont permis de confirmer cette identification. Ces critères sont les suivants:
- Un ouverture de la mâchoire qui ne dépasse pas l’aplomb de l’œil. La nageoire caudale ne présente pas de fourche ce qui n’est pas rare chez un saumon de grande taille. De plus, une truite de mer de cette taille aurait eu une nageoire caudale convexe.
- La couleur de la livrée est celle d’un mâle adulte de saumon ; la couleur de la livrée chez un mâle adulte de truite de mer est moins prononcée.
- La relation taille poids (970 mm pour 7 kg) correspond à celle connue chez le saumon atlantique adulte. Cependant, le poids mesuré ne correspond pas à celui d’un saumon frais et sa livrée et la présence d’un bec très prononcé à la mâchoire supérieur confirme qu’il était rentré en rivière depuis quelques mois (un saumon adulte ne se nourrit pas en eau douce et maigrit). En comparaison, une truite de mer de cette taille aurait pesé entre 9,5 et 10,5 kg et présenté une plus grande circonférence ventrale.
- La grandeur de l’écaille correspond à celle d’un saumon adulte de 97cm. A taille égale et quel que soit l’âge, une écaille de saumon est toujours plus grande que celle d’une truite commune. Le taux d’érosion des bords de l’écaille est élevé signifiant que le poisson était en phase de maturation sexuelle et que c’était bien un mâle (Figure 2).
- Le poisson est âgé de deux ans d’eau douce et de trois de mer (Figure 2). Ce long temps de séjour marin qui correspond chez le saumon à un grand poisson de printemps n’est jamais observé chez les truites de mer de nos stocks français voire même d’Europe du Nord. Par ailleurs, des circuli épais et leur fort niveau de discontinuité sont des critères caractéristiques de l’espèce saumon. Sur 9 écailles examinées, seule une a permis d’estimer l’âge d’eau douce, les 8 autres étant fortement régénérées au centre ce qui pourrait éventuellement être attribué à une phase juvénile d’élevage. Cette observation pourrait aller dans le même sens que l’absence de nageoire adipeuse et la réduction ou malformation de la nageoire dorsale malformée (Figure 2)
Un examen génétique à partir des écailles de ce poisson est en cours et devrait permettre de le comparer aux caractéristiques génétiques des populations françaises sauvages et d’élevage.

Jean-Luc Baglinière
UMR INRA-Agrocampus Ouest
Ecologie et Santé des Ecosytèmes Aquatique Rennes
Frédéric Marchand
Unité Expérimentale d’Ecologie et Ecotoxicologie Aquatique Rennes
Jean-Pierre Porcher
Direction de la Connaissance et de l’Information sur l’Eau ONEMA